Guide 08

Acheter sur plan en Géorgie

Un achat en cours de construction en Géorgie relève du droit géorgien. Il n'ouvre pas les protections françaises de la vente en l'état futur d'achèvement. La différence se joue sur les documents que vous exigez avant de verser quoi que ce soit.

Par Rédaction Investir en Géorgie — JL HOME · validé par Validation éditoriale JL HOME (ordre de publication du 26/07/2026) · mis à jour le 26 juillet 2026

Le point de départ : ce n'est pas une VEFA française

En France, la vente en l'état futur d'achèvement encadre l'échéancier de paiement, impose une garantie d'achèvement et organise la réception. Rien de tout cela ne s'applique en Géorgie. Un contrat de construction géorgien est un contrat de droit géorgien : ce qu'il protège est ce qu'il stipule, ni plus ni moins.

Cette phrase n'est pas une mise en garde de principe. Elle a une conséquence pratique immédiate : la protection ne vient pas de la loi de votre pays, elle vient des documents que vous obtenez et de l'avocat indépendant qui les lit avant vous.

Le foncier : à qui appartient réellement le terrain

L'Agence nationale du registre public tient le registre des droits sur l'immobilier, auprès duquel un extrait peut être obtenu. C'est la pièce de départ.

Ce que l'extrait doit vous permettre d'établir :

qui est le propriétaire inscrit du terrain — et si ce n'est pas le vendeur, à quel titre celui-ci construit et vend ;

quelles charges, hypothèques, servitudes ou restrictions grèvent le bien ;

quelle est la description cadastrale exacte de la parcelle concernée.

Limite déterminante : un extrait décrit une situation à une date. Il ne préjuge d'aucune inscription postérieure. Demandez-en un récent, et un second avant la signature.

L'autorisation de construire et la conformité

Un permis existe, ou il n'existe pas. S'il existe, il porte sur un projet précis : un nombre d'étages, une emprise, une destination. Vérifiez que le projet commercialisé correspond au projet autorisé, et non à une version augmentée.

À la livraison, la question devient celle de la conformité de ce qui a été construit à ce qui a été autorisé, puis de l'inscription de votre droit au registre. Un logement livré mais non inscrit à votre nom n'est pas, juridiquement, le vôtre.

Le contrat : les clauses qui décident

Faites relire chaque point suivant par un avocat indépendant — pas par le conseil du promoteur :

L'échéancier de paiement, et surtout à quel événement vérifiable chaque appel de fonds est rattaché.

Le destinataire des fonds et le mécanisme de sécurisation, s'il en existe un. En l'absence de mécanisme légal, tout repose sur la clause.

La date de livraison, la définition contractuelle de l'achèvement, et ce qui se passe en cas de retard : pénalité, plafond, résiliation.

La description technique : surface, matériaux, équipements, parties communes, et la tolérance admise.

Le sort des sommes versées en cas d'abandon du chantier ou de défaillance du promoteur.

La loi applicable, la langue faisant foi et la juridiction compétente. Un contrat bilingue précise presque toujours laquelle des deux versions prime en cas de divergence : lisez cette clause en premier.

Les conditions de cession de votre position avant livraison, si vous envisagez de revendre.

À retenir

Les protections françaises de la VEFA ne s'appliquent pas.

L'extrait du registre public est la pièce de départ, et il est daté.

Le permis se vérifie par rapport au projet réellement commercialisé.

La sécurité de vos versements vient du contrat, pas de la loi.

Un avocat indépendant en Géorgie n'est pas une option de confort.

Risques à connaître

Verser avant la vérification du foncier. Un acompte versé sur un terrain grevé est un acompte à récupérer, pas un droit acquis.

Un échéancier lié au calendrier et non à l'avancement. Payer à date fixe indépendamment de l'état du chantier vous prive du seul levier dont vous disposez.

Le conseil unique. Le juriste du promoteur défend le promoteur. C'est son rôle.

La version linguistique. Signer une traduction de courtoisie sans savoir laquelle fait foi.

La livraison sans inscription. Recevoir les clés ne vaut pas transfert du droit inscrit.

Checklist des documents à exiger

Extrait récent du registre public sur la parcelle concernée.

Titre du vendeur, ou document établissant à quel titre il commercialise.

Permis de construire et plans autorisés.

Contrat complet, dans sa version faisant foi, avec annexes techniques.

Échéancier détaillé, avec l'événement vérifiable attaché à chaque appel.

Coordonnées du compte destinataire et mécanisme de sécurisation éventuel.

Attestation d'avancement du chantier à la date du versement.

Identité et enregistrement de la société qui construit, et de celle qui vend.

Rapport d'un avocat indépendant, mandaté par vous.

Exemple illustratif

Cet exemple est fictif et sert à montrer la méthode.

Un acquéreur reçoit un contrat en anglais et une traduction en français. La clause finale indique que la version géorgienne fait foi — version qu'il n'a jamais reçue. Il la demande, la fait traduire par un traducteur assermenté, et découvre que la définition de l'achèvement y est plus large que dans la version qu'on lui présentait.

Rien d'illégal ne s'est produit. Simplement, la version qui l'engageait n'était pas celle qu'il lisait. Le coût de cette vérification est sans commune mesure avec celui de l'erreur.

Puis-je acheter sans me déplacer en Géorgie ?

C'est matériellement possible, notamment par procuration. Mais quelqu'un doit voir le chantier, et cette personne doit être indépendante du vendeur. Une visite virtuelle organisée par le promoteur ne remplace pas une constatation contradictoire.

Existe-t-il une garantie d'achèvement comme en France ?

Nous n'avons pas confirmé de dispositif équivalent au 26 juillet 2026. Ne présumez donc aucune protection légale automatique : faites vérifier par un avocat géorgien ce que votre contrat prévoit réellement en cas d'arrêt du chantier. À confirmer avec un professionnel qualifié.

Que vaut une réservation signée sans ces documents ?

Elle vaut ce que dit sa clause de restitution. Avant de signer une réservation, lisez d'abord ce qui se passe si vous ne donnez pas suite, et si le promoteur ne donne pas suite.

Pour aller plus loin

Les 21 vérifications à effectuer avant de verser 1 €.

Les erreurs les plus fréquentes des acquéreurs étrangers.

Notre méthode d'audit : ce que nous vérifions programme par programme, et ce que nous marquons « à confirmer ».

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Sources

Chaque affirmation réglementaire de ce guide s'appuie sur les sources officielles ci-dessous. Elles ont été consultées à la date indiquée ; vérifiez qu'elles n'ont pas évolué depuis.

National Agency of Public Registry (Géorgie) — Real Estate Registry. https://www.napr.gov.ge/en/service/registers/real-estate-register (consulté le 2026-07-26)

Legislative Herald of Georgia (Matsne) — Tax Code of Georgia. https://www.matsne.gov.ge/en/document/view/1043717?impose=translateEn (consulté le 2026-07-26)

Avertissement

Ce guide est une information générale. Ce n'est ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement, et il ne tient pas compte de votre situation personnelle. Le capital, les loyers et la liquidité ne sont pas garantis. Une acquisition en Géorgie relève du droit géorgien et n'ouvre pas les protections françaises applicables à la vente en l'état futur d'achèvement. Faites-vous assister par un avocat indépendant en Géorgie et, pour vos obligations françaises, par un fiscaliste.

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